Le STAA-CNTSO, le collectif MeTooBD et la Ligue des auteurs professionnels s’associent aujourd’hui pour alerter le milieu de la bande dessinée !

La dernière édition du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême a été secouée, comme presque tous les ans maintenant, par un énième scandale entourant la gestion opaque de la société 9eArt+. 

Plusieurs faits, révélés par la journaliste Lucie Servin dans une enquête pour le journal L’Humanité ayant servi de détonateur, ont permis une fois encore de pointer du doigt la gestion humaine et économique catastrophique des quelques notables qui ont accaparé depuis bien trop longtemps ce festival, au mépris des travailleur·euses du milieu de la BD (auteur·ices, dessinateur·ices, scénaristes, coloristes, traducteur·ices, graphistes…).

Alors que de nombreuses prises de position ont pu être tenues depuis deux mois par les grands groupes d’éditions ou le Ministère de la Culture, le renouvellement tacite de la convention d’organisation du FIBD avec la société 9eArt+ et de son directeur Franck Bondoux semble sur le point d’advenir dans le silence le plus glacial en mai prochain. Comme si, finalement, tout ce qui s’était passé lors de la dernière édition pouvait recommencer encore. Comme si on pouvait oublier le double discours utilisé par Franck Bondoux dans ses différentes lettres au SEA ou au SNE, comme si on pouvait oublier les différentes tentatives d’intimidation pour interdire le placardage de simples affiches en soutien à Chloé, comme si on pouvait oublier les mensonges de la préfecture dans le but d’interdire le Carnaval des Luttes, comme si on pouvait, finalement, oublier Chloé, que Franck Bondoux n’a pas hésité à désigner par son vrai nom dans sa lettre au SNE.

Non, nous n’oublions pas et nous ne pardonnons pas. Nous ne pardonnons pas l’invisibilisation, les violences, les agressions, les discriminations, les intimidations, les silenciations, les « oublis », les prix « d’honneur » dédiés aux autrices, les expositions dans des lieux moins en vue pour les autrices que pour les auteurs, nous n’oublions pas le combat de 2016 afin de pouvoir voter en tant que travailleur·euses de la BD, et ainsi voir des autrices être en lice et élues Grand Prix…

Nous regrettons le manque de transparence et de communication de l’ADBDA (Association pour le Développement de la Bande Dessinée à Angoulême) auprès des travailleur·euses, alors qu’elle devait, au départ, « assurer une meilleure coordination et une meilleure implication des partenaires dans les orientations importantes du festival et dans l’utilisation des moyens financiers qui lui sont alloués », mais dans les faits, semble avoir un rôle opaque, où quasi aucune organisation de travailleur·euses n’est conviée.

Nous tenons à rappeler que les travailleur·euses de la BD sont la cheville ouvrière de ce festival qui, d’année en année, continue à ignorer leurs points de vue, ainsi que leurs propositions de contenu. Sans travailleur·euses de la BD, pas de FIBD. 

Nous souhaitons par ailleurs que la population angoumoisine soit consultée, étant donné l’impact économique et social qu’a cette manifestation, installée depuis plus de 50 ans dans la ville.

Nous souhaitons dénoncer encore une fois le contrat qui lie l’association du festival à 9eArt+, et empêcher que ces deux entités ne finissent par fusionner au sein d’une S.A.S., entraînant l’impossibilité de fait de repenser un FIBD digne de ce nom. Il est impensable que le Festival de la BD d’Angoulême devienne la propriété privée de deux personnes qui semblent n’avoir que très peu de considération et de respect pour les travailleur·euses de la BD.

S’il s’avérait que cette société privée était fondée, nous appellerons alors l’ensemble des travailleur·euses de la BD à boycotter le festival en 2026.

Nous souhaitons enfin renouveler notre soutien à Chloé. Il est plus que temps que ce festival soit inclusif et représentatif des personnes qui le font vivre. Nous ne voulons pas avoir peur de venir au festival, nous devons pouvoir y travailler et y passer des moments festifs.

Il est temps que les choses changent.

Signataires :

STAA-CNT-SO

MeTooBD

La Ligue des auteurs professionnels


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