Dimanche 26 mai 2026, le groupe militant Cultures en lutte 13 a publié un appel à rassemblement contre la programmation de Joann Sfar au festival « Oh Les Beaux jours ! » à Marseille. Dans un texte documenté et sourcé, iels ont rappelé les prises de positions extrêmement problématiques sur la guerre menée contre la Palestine et le peuple palestinien, et les mensonges de l’auteur. Joann Sfar qui, tout en prétendant être « pour la paix et le dialogue », délégitime les voix qui s’élèvent contre le génocide en cours et répand des fake news honteuses et dangereuses.
L’appel se concluait par une demande simple : que le festival retire Joann Sfar de sa programmation ou que soit organisé un débat avec un groupe antiraciste, anticolonial et pro-palestinien. Évidemment cette demande est restée lettre morte.
Depuis, et comme à son habitude, l’auteur a communiqué sur cet appel en qualifiant les membres de Cultures en lutte 13 de « chasseurs de Juifs ». Une rhétorique rapidement reprise sur les réseaux sociaux où les pages du collectif et de ses soutiens ont vu déferler nombre d’insultes et de menaces.
Étant donné la notoriété de Joann Sfar, de nombreuses personnalités politiques (Benoît Payan, le Printemps républicain) ou médiatiques (Charlie Hebdo, Enthoven) ont pris position contre l’appel de Cultures en lutte 13. Des positions peu surprenantes de la part de personnalités dont on connaît les positionnements politiques plus que tendancieux.
Plus surprenant, le lendemain de l’intervention de Joann Sfar au festival « Oh Les Beaux jours ! », un syndicat d’artistes-auteur·ices, la Ligue des auteurs professionnels, a publié un communiqué de soutien à l’auteur qui s’avère être son président d’honneur. De nombreux·ses adhérent·es ont d’ailleurs fait part de leur désaccord avec ce communiqué de soutien qui défend l’appartenance « identitaire » des personnes.
Toutes ces prises de position font évidemment mine d’ignorer que Cultures en lutte a documenté sa prise de position et a proposé d’organiser un débat.
Elles participent ainsi à mettre en danger des camarades en les exposant à la vindicte de groupes violents. Elles contribuent à valider des prises de positions en faveur d’un État génocidaire qui commet des crimes de guerre et qui pratique l’apartheid.
En tant que syndicat antifasciste, antiraciste et anticolonial, nous affirmons notre soutien à nos camarades lâchement attaqué·es. La lutte contre le génocide en cours est le devoir de tous·tes, nous ne serons jamais complices du génocide que commet Israël ou de ses soutiens.
Enfin, notre lutte contre l’antisémitisme et le racisme nous poussera toujours à combattre cette manipulation qui essaie de faire passer la lutte contre des crimes de guerre, contre un génocide, contre des tortures, pour de l’antisémitisme. Cette confusion vise à neutraliser toute critique vis-à-vis de la politique mortifère, raciste et violente de l’État israélien.
Le STAA CNT-SO